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Un spectacle extraordinaire conçu et réalisé par Anne Teresa De Keersmaeker , véritable Star Mondiale de la Danse !
Un spectacle exceptionnel
Jean-Luc Plouvier( Munt Monnaie Magazine) : Un travail des plus abstraits de la chorégraphe , d’une sophistication formelle inouïe – et qui ne peuvent se danser que sur un tapis de sol recouvert d’un enchevêtrement de graphes – ils n’en suscitent pas moins une jubilation intense et rarement éprouvée , qui se lève dans la douceur ininterrompue des enchaînements, sans couture et sans pause , propagée de corps en corps à la manière d’une flamme ou d’une averse.
Les douze danseurs de Rosas et les neuf percussionnistes d’Ictus, omniprésents sur le plateau, baignés dans une fluorescence orange comme la braise , y travaillent pendant une heure un matériel réduit dont la pulsation obsédante appelle à la transe mais dont l’imprévisible variété des ressources , au fil des répétitions , semble repousser sans cesse les limites de l’espace.
ANNE TERESA DE KEERSMAEKER- DRUMMING LIVE
Drumming (1998) est l’une des chorégraphies les plus fascinantes d’Anne Teresa De Keersmaeker, une danse virevoltante sur la puissante partition pour percussions de Steve Reich. Ictus donne vie à cette partition ensorcelante avec une précision stupéfiante.
Drumming : une vague de sons et de danse...
Drumming (1998) est l’un des spectacles les plus fascinants d’Anne Teresa De Keersmaeker, un coup d'éclat chorégraphique à partir de la puissante partition pour percussions de Steve Reich. La musique du minimaliste new-yorkais était déjà le fil conducteur de son premier spectacle Fase (1982).
Reich a écrit Drumming en 1971, peu de temps après un voyage d'études en Afrique. La partition manipule un seul motif rythmique obsédant, qui se multiplie et se déploie en une riche variété de textures où interviennent les peaux, les bois, les métaux et de subtiles ombres chantées. Reich y pousse à bout les techniques de Piano Phase (la musique de Fase) : les musiciens décalent leurs unissons par d'insensibles accélérations, produisant de la sorte une infinité de canons miroitants. Ictus donne vie à cette partition ensorcelante avec une précision stupéfiante.
Dans sa chorégraphie, Anne Teresa De Keersmaeker surenchérit sur la partition en respectant son esprit : la complexité chorégraphique germe d'une seule phrase dansée soumise à une infinité de mutations dans le temps et l'espace. Ce n’est qu'après que les percussions se sont tues et que les corps se sont immobilisés que le spectateur réalise ce qu’il vient de vivre : un voyage étourdissant, une vague de sons et de danse à l’état pur, un tourbillon d’énergie de vie.
DRUMMING LIVE est une longue pièce (60’) en quatre mouvements qui se succèdent en fond-enchaîné , dans un tempo unique.
Steve Reich fait appel à trois familles de percussions : bongos, marimbas et glockenspiels, peau, bois et métal.
L’œuvre a été créée à New York par le compositeur en 1971, suite à un voyage d’études ethnomusicologiques au Ghana.
Le rythme est conçu pour produire de l’ambiguïté : au fil des répétitions, l’oreille ne peut plus distinguer le premier temps , ni d’ailleurs la coupe générale de la mesure.
Flotter , pulser sans jamais scander...
Cette œuvre a tout pour séduire une chorégraphe qui refuse de marcher au pas de la musique , préférant en démonter les ressorts formels tout en lui demandant, depousser les danseurs dans le dos »
EXTRAIT INTERVIEW
Jean Luc Plouvier : La qualité la plus frappante de « Drumming » - je parle ici de l’œuvre musicale – est qu’elle nous tient en haleine une heure entière, à partir d’un seul motif rythmique de moins de deux secondes.
Avez-vous cherché dans votre chorégraphie à relever le même défi ?
Anna Teresa : Oui et non. J’ai été fascinée par la prouesse de Steve Reich, et la promesse que représentait Drumming pour une chorégraphe : une trame absolument unifiée qui couvre toute la durée d’un spectacle dont les évènements se tuilent insensiblement l’un à l’autre. Mais je n’aurais pas pu y répondre en me résignant à l’exposition obsédante de quelques gestes répétitifs. Je n’en étais plus là. J’avais accompli un chemin vers des phrasés beaucoup plus amples et je voulais traiter ici un large groupe : huit femmes et quatre hommes. J’ai néanmoins cherché une réponse « monothématique » comme disent les musiciens , en construisant une longue phrase de base , une séquence de près de deux minutes, qui m’a servi d’unique matrice pour tout le spectacle.
DRUMMING LIVE
Un tout grand spectacle talentueux, d’une formidable intelligence et d’une grande compétence.
Pas une seconde de fatigue à regarder ces danseurs de grand talent virevolter avec une légèreté étonnante, une grâce séduisante , sur toutes les formes possibles.
On est fasciné, envoûté, émerveillé !
Un moment fabuleux de danse et de musique une musique répétitive ensorcelante !
EXTRAIT INTERVIEW
Jean-Luc Plouvier : Le final ouvre vers le vertige !
Anna Teresa : Le final est extrêmement virtuose, en effet , et très exigeant pour les danseurs. Je ne garde de la phrase de base que les parties les plus rapides, les plus sveltes. Et nous imaginons alors que l’axe se déboîte , comme si le tapis de sol se mettait à tourner. Les trajectoires se tordent . Le système échappe à lui-même. Comme dans la musique de Reich qui se sature soudain de fréquences aigues : elle lâche terre et file vers l’extase.
On est dans l’enchantement ! Et ce n’est qu’après que les percussions se sont tues et que les corps se sont immobilisés que l’on réalise ce qu’il vient de se passer : un voyage étourdissant, une vague de sons et de danse à l’état pur un tourbillon d’énergie de vie.
D’énormes félicitations aux danseurs, musicien, techniciens et à Anne Teresa De Keersmaeker, danseuse et chorégraphe belge flamande. Une figure majeure de la danse contemporaine belge et mondiale .Elle a créé la compagnie Rosas en 1983, au sein de laquelle elle a développé son langage chorégraphique propre avec plus de 35 chorégraphies à son actif à ce jour.
DISTRIBUTION
Chorégraphie : Anne Teresa De Keersmaeker
Les douze danseurs-danseuses : Polina Akhmetzyanova, Linda Blomqvist, Marta Coronado , Tale Dolven, José Paulo dos Santos, Carlos Garbin, Bryana Fritz, Anneleen Keppens, Sandra Ortega Bejarano , Elizaveta Penkova, Igor Shyshko, Marco Torrice, Jakub Truszkowski , Sue-Yeon Youn.
Musique : Steve Reich
Direction musicale : Georges-Elie Octors
Musiciens : Ictus
Percussions : Georges-Elie Octors , Gerrit Nulens, Géry Cambier, Miquel Bernat, Tom De Cock, Michael Weilacher, Jessica Ryckewaert , Frank Van Eycken, Alexis Bourdon.
Flûtes : Michael Schmid
Voix : Micaela Haslam , Heather Cairncross ( Synergy Voca)
Scénographie et lumières : Jan Versweyveld
Assistant scénographie et lumières : Geert Peymen
Costumes : Dries Van Noten
Assistantes costumes : Anne-Catherine Kunz , Aouatif Boulaich
Assistant chorégraphie pour la reprise : Roberto Olivan de la Iglesia
Direction des répétitions : Samantha Van Wissen, Jakub Truszkowski , Marta Vronad , Fumiyo Ikeda
Assistante à la direction artistique : Anne Van Aerschot
Son : Alexandre Fostier
Directeur technique Joris Erven
Techniciens : Wannes De Rydt , Clive Mitchell
Habillage : Emma Zun
Production : Rosas, La Monnaie, La Bâtie, Festival de Genève
Co production : La Monnaie, Sadler ‘s Wells(Londres) Ls Théâtres de la ville de Luxembourg
Coprésentation : KVS et Théâtre National.
DRUMMING LIVE
25, 26, 27/03/16
THEATRE NATIONAL
Bld Emile Jacqmain111—1000 Bruxelles
Infos Réservations : 02 / 203 41 55
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Notre moment de séparation : Je vous en ai déjà parlé : fin de la soirée de ce samedi en compagnie de Sylvie Vartan.
(A 23h05 sur La Une/RTBF)
Pour ceux qui aiment la danse , et surtout celle d’Anne Teresa De Keersmaeker, je leur propose de visionner un autre extrait du spectacle « Drumming Live ». Durée 16’
Bonne fin de soirée et à tout bientôt
Roger Simons